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variété française - Page 2

  • On attendra l'hiver (Julien Doré) - tentative d'explication

     

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    la main à plume vaut la main à charrue. 

    Il faut s'y atteler...aussi modestes soient les moyens...car aussi loin que je suis allé dans la fonction recherche de ce moteur qui gouverne le monde, je n'ai trouvé personne qui ait cherché à trouver une explication à ce texte énigmatique. Tout au plus, quelques journalistes évoquent-ils une chanson mélancolique, qui parle d'une rupture, d'une plaie qui ne se referme pas. C'est un peu léger. Personne ne veut mettre la main à la pâte.  Pourtant, je connais plein de gens qui sauraient l'expliquer mais qui ne le font pas parce que sans doute le sens du texte leur semble évident ou parce que  la chanson les indiffère..ou pour quoi encore... parce qu'ils sont contents d'avoir trouvé la clé et qu'ils ne veulent pas la donner. 

    Je me disais que s'il y a un soir où la révélation peut arriver, c'est peut-être ce soir. Parce que j'écoute cette chanson dix fois par jour depuis des mois et parce qu'en ce moment même, un ami erre seul dans sa maison et il ne dormira pas cette nuit  parce que l'amour de sa vie vient de le larguer emportant ses enfants et vingt ans de vie commune. Il y a encore quelques jours, nous étions tous réunis, lui, sa femme, leurs enfants, nous  et en fin de soirée après avoir vidé quelques chasse-spleen, on a parlé de César et Rosalie, film qu'il met comme moi sur un piédestal...discussion prémonitoire peut-être. Je l'ai appelé ce midi et il était inconsolable. J'ai eu des mots malheureux peut-être sur la fin en lui disant qu'avec le temps, il arriverait à tourner la page et rencontrer quelqu'un d'autre...mais je crois, je suis sûr même que c'est le genre de propos qui énervent les gens qui sont en plein dans un drame. Donc, je pense beaucoup à lui, pour qui la rupture n'est pas une énigme littéraire mais une douleur présente et douloureuse. 

    Concernant cet hiver qu'on va attendre pour se dire qu'on se manque, mon soucis congénital est que j'ai un esprit trop cartésien et que j'ai du mal à comprendre les sous-entendus, le sens figuré, à deviner les métaphores. Or la poésie de Julien Doré n'est qu’ellipses et suggestions. C'est Mallarmé ressuscité (faut-il être très fatigué pour comparer un vainqueur de nouvelle star au maître de la poésie symboliste). 

    Mais ne cherchons pas d'excuses. Voici un texte qui s'intitule on attendra l'hiver (servi par ailleurs sur un plateau par une mélodie superbe avec des arrangements venus de Dézinio ou de Mané-Trévédec) et dont l'auteur est un être humain qui parle la même langue que moi et qui n'a pas fait plus d'études que moi...mais qu'est-ce que l'école vient faire là-dedans. Lui  est artiste, moi pas, point barre...mais il se trouve que l'artiste a jugé que cette chanson était susceptible de faire partie d'un album destiné au grand public et donc susceptible d''être comprise par ce dernier. 

    Mais ne cherchons pas d'excuses donc. Ce texte est simple comme le théorème de Herbrand-Ribet. Son amour l'a quitté pour une fille. Prisca m'a suggéré cette idée mais je l'avais préalablement sérieusement envisagée. Si c'est bien de cela qu'il s'agit, une partie du texte prend du sens..pas tout..presque rien en fait. 

    On s'en fout de la longe, il a trouvé ça dans un dictionnaire de rimes mais avec allongent, il pouvait trouver mieux. En tout cas, celles qui s'allongent sont deux femmes dont celle dont il pleure le départ. Elles veulent ronger la corde qui les lie encore à ce pot-de-colle d'hétéro. Ensuite, malgré la douleur, ses doigts résistent encore, il peut donc encore écrire..en s'aidant d'un bon Bordeaux (moi j'aurais pris un Madiran). Il est tard, il écrit vite et il porte le pull navy marine de son ex. Seule une lesbienne porte ce genre de pull pour homme. C'est peut-être n'importe quoi ce que j'écris mais il est tard et j'écris vite et je n'ai à portée de lèvres, qu'un café tassimo. Nous ne sommes pas à armes égales. Cherbourg et Séville nous ressemblent renforcent l'idée que le défunt couple n'avait rien à faire ensemble...et si sa langue à elle est celle de l'homosexualité (raison pour laquelle elle laisse tomber le Chanel, parfum trop conventionnel) , il y trouvait lui, quelques réponses... Mais en été, tout est superficiel et bestial, la vérité, celle d'un amour suprasexuel reviendra en hiver, saison du confort pour Rimbaud...mais des retrouvailles pour Julien. Alors il demande à son amour retrouvé de lui pardonner d'enterrer les pensées des blondes qu'elle a caressées sur le sable des baies (juste de passage espère-t-il).

    Après, il est possible que je me vautre totalement. Mais comme on dit dans ces cas-là, chacun peut se faire sa propre lecture. Voyelles de Rimbaud en a subi des kilomètres. Et chacun avait raison. Ma sœur m'avait raconté qu'un pilier de comptoir qu'elle connaissait comptait parmi ses maximes  : la vérité de chacun mérite le respect de soi-même. Preuve qu'il n'ait point besoin de s'appeler Julien Doré pour faire dans l'hermétisme et le confus. 

    Sur ce,

    Loïc LT 

  • les fleurs du bal

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    Ce texte est beau et simple comme se doit de l'être tout bon titre de variété française. Mais comme nous le stipulait (ne me demandez pas pourquoi j'utilise ce verbe inapproprié) souvent Madame Pichon, citant Nicolas Boileau au collège Saint-Aubin 'Ce qui se conçoit bien, s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément'. Alain Souchon est maître en la matière. Philosophe du quotidien, il dit des choses qui nous touchent au cœur sans qu'on ait besoin de se triturer le cerveau (comme avec Philippe Jaccottet et Guillevic mais nous ne sommes pas dans le même registre).

    Et puis surtout, pour emballer le tout , l'auteur dispose de son compositeur attitré (et vice versa) qui lui fabrique des mélodies taillées dans le marbre. Le tout est produit et arrangé à la perfection...

    Alors après, on pourra dire que c'est du déjà entendu, du réchauffé, que c'est un brin fleur bleue ou que sais-je. Mais dans ce premier album commun, il y a trois ou quatre morceaux qui ont retenu mon attention dont il roule (les fleurs du bal) que je me suis permis de renommer les fleurs du bal. Si vous ne l'avez pas entendu, dîtes-vous que la musique est à la hauteur du texte (intro parfaite, solo de guitare et puis en toile de fond, une nappe de synthé ondulante)...

    Pour l'anecdote, Larmor-Baden, c'est tout près de chez moi...

     

    Morne est son cœur

    Et sans raison

    Vers cinq heures

    Il quitte la maison.

     

    Il démarre

    Part sans raison

    Comme aspiré par

    L’horizon.

     

    Peut-être l’amour

    Peut-être la vie

    La tombée du jour

    Ou simplement l’ennui

     

    Partir dans la nuit

    Partir comme ça

    Cette envie

    Tout le monde l’a

     

    Larmor-Baden,

    Guingamp

    Dehors le noir de la plaine

    Et puis le noir dedans

     

    Il part comme s'il allait quelque part

    Laissant là dans la salle

    Sur le sol, éparpillées,

    les fleurs du bal.

     

    Dans l'axe est son moteur,

    Il décolle,

    Son accélérateur

    Le console

     

    Les guitares qui jouent fort

    Dans son cockpit

    Lui sont un réconfort

    Amniotique.

     

    Il roule, il roule

    Comme les larmes qui coulent

    Laissant là dans la salle

    Sur le sol, éparpillées, les fleurs du bal.

     

    Partir dans la nuit

    Partir comme ça

    Cette envie

    Tout le monde l’a.

     

    Il roule, il roule

    Dans le vent et les étoiles

    Et là-bas, dans la salle

    Sur le sol, éparpillées

     

    Les fleurs du bal...

     

    paroles : Alain Souchon, musique : Laurent Voulzy

     

  • les chansons de l'innocence retrouvée

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    les chansons de l'innocence retrouvée/Etienne Daho

    C'est un moment savoureux que celui où l'on découvre les nouvelles chansons d'un artiste apprécié. Après quelques minutes d'écoute, je suis d'ores et déjà en mesure d'affirmer que c'est l'un sinon le meilleur album d'Etienne (en concurrence avec Corps Et Armes où il avait mis la barre très haut). Un nouveau printemps me rappelle une musique de Philippe Sarde pour Sautet. Le duo avec Dominique A (en surface) est exquis. Ces deux-là étaient faits pour se trouver. Sinon, et bien la nuit dernière, je suis tombé par hasard sur une rediffusion de Eclektik, l'émission de Rebecca Manzoni sur France Inter. Passait jamais je ne t'ai dit que je t'aimerai toujours chantée par Anna Karina, suivi de la voix de Daho nous expliquant en quoi c'est une chanson parfaite. Sauf que c'est une chanson qui m'a toujours agacée mais bon, étant lié à Pierrot Le Fou, elle ne m'a jamais laissée indifférent. Ensuite, Daho et Rebecca Manzoni ont continué l'entretien dans une ambiance très sympa. Etienne avait très à l'aise, d'ailleurs, je crois que ça se passait chez lui. 

    L'écoute se poursuit. Sur Deezer, casque sur les oreilles, feu allumé, lumières tamisées. Les orchestrations sont très riches, avec beaucoup de violons et un son globalement très seventies. Là, je viens de terminer l'écoute de onze mille vierges, l'impression de déjà entendu prédomine mais ce n'est pas un problème. Je ne parviens pas à te dégoûter de moi chante-t-il suavement, on reconnait bien là l'amoureux torturé...l'innocence est-elle vraiment retrouvée ?

    Je vous livre mon top 3 à chaud : l'homme qui marche/un nouveau printemps/en surface

    Par convaincu par : les lueurs matinales (dommage car titre prometteur)/un bonheur dangereux/Bleu Gitanes

  • 'la peau dure' : Daho en état de grâce

    C'est agaçant quand on débarque sur un blog de devoir couper ses enceintes pour éviter d'entendre la musique que le blogueur impose. Perso je déteste ça !

    Mais bon, là, c'est Daho, 'Monsieur Daho' comme on dit souvent par respect pour le bonhomme. Alors, forcément, pour une fois,  on ne coupe pas le son ! Surtout que ce titre-là, qui vient de sortir aujourd'hui est une tuerie. Ah ce que c'est bon les jours de sortie quand on découvre, réécoute sans fin jusqu'au bout de la nuit le nouveau titre de son chanteur préféré. Naïveté et enthousiasme de l'adolescent !...ça me rappelle l'album dangerous de Michael Jackson que ma sœur m'avait ramené d'une promenade à Lorient et que j'avais dévoré des jours durant. Le recul des années m'informe que off the wall, thriller et bad lui étaient largement supérieurs, mais bon, dangerous a ceci de particulier que je l'ai acheté dès sa sortie puisque pour off the wall et thriller j'étais trop petit et pas fan et pour bad, ba je savais pas comment faire pour acheter une k7 !

    Ce riff de guitare électrique en intro  donne le ton, n'est-il pas ? Parfait pour un début de concert. 

    Bien sûr, je connais tes plaies, tes blessures, cyanure, tes souvenirs ont la peau dure, fêlures, à chacun son chemin, chacun ses déchirures mais je les ressens comme toi....

    ...

    C'est magnifique.


  • ton héritage, Benjamin Biolay

     

    Si tu aimes les soirs de pluie Mon enfant, mon enfant Les ruelles de l'Italie Et les pas des passants Eternelle litanie Des feuilles mortes dans le vent Qui poussent un dernier cri Crie mon enfant

    Si tu aimes les éclaircies Mon enfant, mon enfant Prendre un bain de minuit Dans le grand océan Si tu aimes la mauvaise vie Ton reflet dans l'étang Si tu veux tes amis Près de toi tout le temps

    Si tu pries quand la nuit tombe Mon enfant, mon enfant Si tu ne fleuris pas les tombes Mais chéris les absents Si tu as peur de la bombe Et du ciel trop grand Si tu parles à ton ombre De temps en temps

    Si tu aimes la marée basse Mon enfant, mon enfant Le soleil sur la terrasse Et la lune sous le vent Si l'on perd souvent ta trace Dès qu' arrive le printemps Si la vie te dépasse Passe mon enfant

    Ca n'est pas ta faute C'est Ton héritage Et ça sera pire encore Quand tu auras mon âge Ca n'est pas ta faute C'est ta chair, ton sang Il va falloir faire avec Ou plutôt sans

    Si tu oublies les prénoms Les adresses et les âges Mais presque jamais le son D'une voix, un visage Si tu aimes ce qui est bon Si tu vois des mirages Si tu préfères Paris Quand vient l'orage

    Si tu aimes les goûts amers Et les hivers tout blancs Si tu aimes les derniers verres Et les mystères troublants Si tu aimes sentir la terre Et jaillir le volcan Si tu as peur du vide Vide mon enfant

    Ca n'est pas ta faute C'est Ton héritage Et ça sera pire encore Quand tu auras mon âge Ca n'est pas ta faute C'est ta chair, ton sang Il va falloir faire avec Ou plutôt sans

    Si tu aimes partir avant Mon enfant, mon enfant Avant que l'autre s'éveille Avant qu'il te laisse en plan Si tu as peur du sommeil Et que passe le temps Si tu aimes l'automne vermeil Merveille rouge sang

    Si tu as peur de la foule Mais supporte les gens Si tes idéaux s'écroulent Le soir de tes 20 ans Et si tout se déroule Jamais comme dans tes plans Si tu n'es qu'une pierre qui roule Roule mon enfant

    Ca n'est pas ta faute C'est Ton héritage Et ça sera pire encore Quand tu auras mon âge Ca n'est pas ta faute C'est ta chair, ton sang Il va falloir faire avec Ou plutôt sans

    Mon enfant...Mon enfant...